Le dur labeur des femmes de Loctudy

(cet article est une ébauche, toute suggestion, tout témoignage sont les bienvenus, utiliser le formulaire de contact)

Les femmes à Loctudy il y a un siècle ?

Bien sûr il y avait les bourgeoises « la bonne société » qui jouaient les élégantes sous leur ombrelle, ou dans leur calèche, ou lors des régates avec voiliers de luxe. Celles décrites par certains historiens locaux parlant de « la belle époque ». Elles montraient leurs beaux atours le dimanche à la sortie de l’église et près de leurs manoirs ou de leurs villas.

Mais il y avait aussi et surtout les bigoudènes qui devaient faire vivre leur foyer grâce à un travail pénible : les paysannes dans leur champ, les ramasseuses de goémon, les sardinières, les porteuses de pommes. de terre.

Beaucoup d’hommes étaient mi paysan mi pêcheur ou ouvrier-paysan.

Ces deux mondes se cotoyaient, mais ne se mélangeaient pas. Le seul lieu de rencontre était l’église. L’église ayant pour rôle de faire croire que la situation acquise était  « naturelle », la volonté d’un dieu… Résignez-vous et priez !

Eugène Cloutier : « Il y a de la sueur dans l’argent des riches.

Les paysannes dans leurs champs

A genoux dans leur champ de poireaux, de pommes de terre, de carottes, ou près du pis de leurs quelques vaches.

Travaux des champs, par Thersiquel

Les ramasseuses de goémon

Le goémon était mis à sécher sur la dune, puis brulé dans des « fours à goémon » afin d’être vendu à « l’usisne à iode ».

Les sardinières

La pêche à la sardine a connu des bonnes et des mauvaises années. Les sardines étaient mises en boite localement essentiellement par des femmes qui devaient répondre à n’importe quele heure à l’appel de la cloche de l’usine voisine. Le travail était pénible et mal payé. L’odeur de friture collait aux vêtements et à la peau.

usine Vallière à Loctudy

Voir à ce sujet le blog sur les luttes des sardinières en pays bigouden et à Douarnenez

www.sardinieres.wordpress.com

Les porteuses de pommes de terre

Henriot 1927

Vers 1830 un commerce de la pomme de terre est organisé vers l’Angleterre. Cela dure jusqu’en 1930, ensuite il y eu des exportations vers le Maroc et l’Algérie.La pomme de terre pousse bien ici et la main d’œuvre est payée à vil prix.
La pomme de terre, cultivée sur une grande partie des terres de la commune servait bien sûr à la consommation locale mais a été surtout exportée vers le Royaume Uni, ce qui a contribué au développement du port de Loctudy. En 1952 on a encore des cargos hollandais venant charger des pommes de terre pour le Maroc !

Le travail de docker pour charger les bateaux étaient essentiellement assuré par des femmes qui portaient sur leur dos des sacs de 50 kg.  On imagine l’état de leur dos après ce travail !

A l’arrivée d’un cargo des files de charrettes chargées de sacs de 50kg  se présentaient. Il fallait porter ces sacs sur le bateau et ce travail pénible était effectué par des femmes dockers.

 

 

 

extrait de la brochure de Serge Duigou « Loctudy à la belle époque »

Lopctudy 1910

Le chargement était parfois différent :

Ces scènes ont inspiré des peintres :

Fernand Piet

Fernand Piet

Georges Soulliet

Georges Soulliet 1924

Ne manquons pas non plus de signaler le rôle de femmes de Loctudy au cours de la Résistance

Elles avaient d’autant plus de courage qu’à Loctudy le milieu ^pétainiste était influent.

Il est rare de voir figurer des femmes sur les monuments aux morts. Deux d’entre elles sont sur le monument de Loctudy : Louise Coupa et Anne Hélias (Guerre 39-45).
Louise Coupa née le 5 juin 1921 à Toulon, domiciliée à Loctudy, pseudo Lili. . Arrêtée le 10 mai 1944, (Résistante active avec sa sœur Yvonne à Loctudy).

Quelques résistantes de Loctudy ;

ARHAN Estelle (ARHAN),  née19 novembre 1894 à Loctudy, à Loctudy

Veuve de guerre. Buckmaster depuis le 1er juillet 1941. CND-Castille depuis le 1er avril 1943. Agente de renseignement.
Sa maison, l’hôtel Arhan, sert d’asile aux agents des deux réseaux. Détient des armes et un poste émetteur. Elle et son fils Noël ont sauvé et hébergé deux aviateurs américains dont l’avion avait été abattu.

COUPA Louise, née le 5 juin 1921 à Toulon (83), domiciliée à Loctudy, pseudo Lili.
Depuis octobre 1943, résistante (agent P2) Bordeaux-Loupiac depuis octobre 1943 comme chargée de mission P2. Arrêtée le 10 mai 1944, interné à Rennes puis déportée le 2 août à Ravensbrück. Décédée à Bergen-Belsen le 9 mai 1945.

COUPA Yvonne, 10 novembre 1913 à Toulon (83), sans profession à Loctudy.Met sa maison à disposition du mouvement Libération-Nord en mars 1944. Héberge des résistants, conserve des armes, le ravitaillement destiné au maquis, reçoit et transmet des renseignements en l’absence de son frère chef du mouvement.

DIEUCHO Camille (GUYADER), 16 février 1911 à Pont L’Abbé, employée des PTT à Loctudy.

Libération-Nord depuis août 1942. Seconde son mari très handicapé physiquement, organisateur du mouvement à Loctudy. Diffuse des tracts et journaux, délivre de fausses cartes d’identité en grand nombre, effectue des liaisons, héberge des résistants. Participe aux préparatifs de l’attaque de la prison de Mesgloaguen à Quimper en transportant une partie des armes qui doivent servir à l’opération et au départ pour l’Angleterre de la pinasse Jouet des flots. En accord avec le receveur des PTT, surveille le courrier suspect adressé aux autorités allemandes et facilite les communications téléphoniques entre les responsables de la Résistance de la région bigoudène.

Voir à ce sujet le site sur la Résistance en Pays Bigouden

www.bigouden1944.wordpress.com