Enrochement

enrochement

Enrochement, réflexions – études

Toute généralisation dans les conclusions est imprudente. De nombreuses études ont été réalisées, en particulier sur le littoral méditerranéen.

Dans certains cas particuliers l’engraissement (enrochement ou bétonnage) ont été rendus indispensables mais très souvent on constate des effets négatifs importants.

« Les systèmes de digues ou d’enrochement, destinés à contrer l’érosion, au lieu d’améliorer la situation, entravent encore plus ces échanges »mur_littoral_effet

Yvonne Battiau-Queney, professeur émérite à l’Université de Lille et présidente de l’association de protection des littoraux EUCC-France écrit :

L’érosion est-elle inéluctable? Non. On connaît des tas d’exemples de secteurs côtiers qui ne sont pas soumis à l’érosion, à l’échelle décennale ou pluri-décennale, de la côte aquitaine à la frontière belge. Mais comme il ne s’y passe pas grand chose, cela n’intéresse personne. Il est fondamental de constater que ces secteurs stables sont tous épargnés par le bétonnage et l’enrochement, à la fois sur le site concerné et sur ses abords immédiats. Ce sont toujours des sites où l’avant-dune sableuse est bien conservée et en lien direct avec la plage. A contrario, la plupart des sites littoraux en érosion sont soit fortement artificialisés (digue, épis, enrochements, avant-dune détruite), soit en aval-dérive de secteurs fortement artificialisés et/ou endigués. Les sites où l’érosion traduit des processus purement naturels sont plus rares (rive d’estuaire en position de « musoir » par exemple).
Il était un temps où l’homme pensait pouvoir dompter la mer et s’affranchir des lois de la nature qu’il connaissait d’ailleurs assez mal. Fin 19ème siècle, lorsque le tourisme balnéaire est né, on cherchait à installer le plus près possible de la mer tout ce qui faisait la raison d’être des nouvelles stations, les constructions mais aussi la digue-promenade où il était bon se faire voir et profiter du spectacle de la mer. Or pour cela il fallait détruire l’avant-dune et bâtir dessus. Les stations balnéaires de la côte atlantique, de la Manche et de la mer du Nord, se sont presque toutes créées sur les dunes littorales, d’Hendaye à Bray-Dune, en passant entre autres par Lacanau, La Baule, Cabourg, Le Touquet… En détruisant l’avant-dune on a rompu les échanges naturels entre la plage et sa réserve de sable qui l’alimentait en cas de tempête. La dune est comme une tirelire: elle accumule le sable en période de calme, sable qui servira à équilibrer le budget sédimentaire en cas de coup dur. Quand on dilapide sa tirelire on n’a plus de réserve. C’est ce qui s’est passé avec nos plages.
Alors que faire? Laisser disparaître les stations balnéaires et revenir au point de départ avant que naisse le tourisme? C’est évidemment impensable dans la majorité des cas. On peut au moins empêcher que les mêmes erreurs ne se reproduisent et interdire toute nouvelle construction en bordure de mer qui ne respecterait pas le maintien des échanges indispensables de sable entre plage et dune. 

 Recharger les plages est moins coûteux, plus écologique, plus efficace dans la durée et beaucoup plus esthétique que tous ces ouvrages en dur (enrochements, épis, digues, brise-lames…) qui ont détérioré nos plages depuis tant d’années avec le résultat que l’on constate aujourd’hui.

http://www.euccfrance.fr/index.php/component/content/article/28-reflexions/42-reflexions1

Bernard Fichaut, de l’Universté de Bretagne Occidentale (UBO Brest) a écrit : « A Mousterlin, dans le Sud-Finistère, on a fait des enrochements mais les vagues rebondissent sur les rochers et enlèvent le sable au pied. On part dans des réactions en cascade qu’on a du mal à contrôler », indique le scientifique brestois.

Quelques exemples :

A Noirmoutier Noirmoutier

En Gaspégie, au CanadaGaspegie_Canada_site_securitépublique_Quebec

Percé_Canada

http://www.graffici.ca/dossiers/erosion-4000-voyages-gravier-pour-refaire-4353/

A Trébeurden, polémique au sujet d’un enrochement :
https://www.youtube.com/watch?v=3iJYfbUw7X0&feature=youtu.be


Ci dessous un document intéressant : extrait d’un documentaire de FR 5 « Sale temps pour la planète » consacré au Languedoc en Juillet 2016. On y voit en particulier un reportage sur les communes de Villeneuve-les-Maguelone et de Vias-Plage (Hérault) où les autorités ont entrepris de réhabiliter le cordon dunaire mis à mal par des enrochements posés par des particuliers pour protéger leurs propriétés.
A la fin de cette vidéo de 13 minutes un expert dit clairement : « les enrochements accentuent l’érosion… »